Critiques et impressions : La Collection à TVA, épisode 4

Ce que j’aime dans Project Runway, c’est qu’on ne ressent pas le besoin de nous faire pleurer. L’émission est énergique, plutôt joyeuse, un brin bitch, souvent drôle, et définitivement intéressante. Comme une bonne amie, quoi. C’est ça qu’on recherche lorsqu’on écoute une émission de ce genre-là. Mais à La Collection, on force les moments touchy-feely et on cherche à provoquer l’ÉMOTION en majuscule. Et la seule émotion qui mérite des majuscules, c’est celle qui nous fait larmoyer. J’aimerais tellement que les réalisateurs de télé-réalités québécoises se rendent compte qu’il y a d’autres registres à explorer…

Quand un designer est éliminé, je veux bien qu’on lui accorde un peu de temps pour faire ses adieux à sa façon. Mais qu’on ne s’éternise pas sur la réaction des uns et des autres à coup d’entrevue percutante du genre “Comment tu t’es senti?” “Vraiment triste.” “C’était un choc.” (Je n’écoute jamais Star Academie, mais quand j’en ai attrapé des bouts, les seules questions que Julie Snyder semblait capable de poser étaient “Qu’est-ce que ça te fait?” et “Es-tu contente?” Laissez-moi vous dire que ça ne donne pas des réponses très intéressantes.)

Le designer “remercié” de la semaine dernière est Natasha. Elle est partie sans faire de chichi, mais les producteurs ont cru bon beurrer épais et sortir les violons.

Cette semaine, chacun des designers est jumelé à une femme ayant gagné un concours de métamorphose beauté organisé par La Baie. Ils devront travailler avec leur cliente afin de lui créer une tenue professionnelle sur mesure. Pas de défi bricolage, on passe tout de suite au sérieux. Comme la deuxième semaine, l’ensemble gagnant sera produit et distribué dans les magasins La Baie, ce qui signifie qu’un choix de tissus totalement ennuyant est imposé à tout le monde. Je n’ai rien contre les contraintes, mais le but premier devrait être de donner un bon show, et un défilé brun-blanc-beige n’est pas exactement ce qu’on fait de mieux à la télé.

Après un défilé plutôt assommant, les juges ont choisi l’ensemble de Geneviève (création de gauche) comme design gagnant de la semaine. C’est la deuxième fois qu’on promet de commercialiser le design du gagnant, et c’est la deuxième fois qu’on choisi celui de Geneviève. Ce qui n’a pas plu à Marylin (création de droite), déçue que l’ensemble le plus simple l’emporte encore.

Son commentaire n’est pas totalement bête, puisque les émissions de ce type récompensent habituellement la créativité. Mais à quoi s’attendre d’une émission commanditée par La Baie dont le but est de donner un contrat de designer pour La Baie? Eh… C’est ça, la télé-réalité québécoise : les commanditaires gâchent tout. Je comprends qu’il en faille, mais je ne suis pas sûre qu’ils gagnent tant que ça à être le centre et le moteur de l’émission. On ne peut pas dire que les commanditaires de Project Runway soient invisibles : on les mentionne à tour de bras, et on montre leurs logos aussi souvent qu’on le peut. Mais l’émission n’est pas construite comme un véhicule pour leurs marques. Toujours est-il que le design de Geneviève était parmi les meilleurs de la soirée, et que le design de Marilyn était non seulement laid, mais il ne tenait aucunement compte de l’aspect “commercial” du défi.

Et ce n’est pas comme si la “simplicité” était le chemin le plus facile. Au contraire, ça demande au designer de réfléchir à l’impact de ses choix et d’éditer son travail. Je ne dis pas que le minimalisme est supérieur, simplement qu’il est plus facile de cacher son manque de vision avec du tape à l’oeil, des détails inutiles ou de la provocation gratuite. Et je crois que c’est ce que Marilyn fait… Elle a de bonnes idées, mais elle en fait trop.

Mélissa et Catherine évitent l’élimination grâce à la victoire de Geneviève, ce qui laisse donc les juges avec la possibilité d’éliminer Patrice, Guillaume ou Marilyn. Est-ce que Patrice et Guillaume méritaient d’être derrière Mélissa et Catherine? Peut-être pas, mais who cares, puisque la designer ayant commis le pire vêtement de la soirée se trouve en danger? Les juges sauvent Patrice à l’unanimité. Reste Guillaume et Marilyn. Le choix n’est pas difficile. Lisez sur mes lèvres… M-A-R-I-L-Y-N

(Ici je vais déborder un peu sur l’épisode 5, puisque je trouve totalement navrant qu’on ne donne pas les résultats dans le même épisode.)

Marie St-Pierre est catégorique, Marilyn ne doit pas s’en aller : c’est la seule qui a une démarche créative. Maybe, maybe not. Ce qui n’enlève rien au fait que son ensemble était FUGLY! Et Isabelle Racicot semble pas mal d’accord avec moi. Mais Marie St-Pierre, un air bête naturel, est plutôt épeurante lorsqu’elle se fâche. Résultat? Marilyn est sauvée!

Eh ben!

Mais vous ne savez pas la meilleure? Guillaume est sauvé aussi!

C’est donc ben n’importe quoi! C’est quoi ces juges poches de plates là?

S’il y a une chose qui rend une télé-réalité encore plus mauvaise, c’est lorsqu’on se met à changer les règles. Un minimum de rigueur, s’il vous plaît. Pour reparler de Project Runway (encore!), de très bons designers se sont fait “remercier” à cause d’une seule erreur de parcours. On ne prend pas en considération ce qui a été fait dans les émissions précédentes : on juge les vêtements, et c’est le créateur du moins réussi qui s’en va. Parfois c’est choquant, mais c’est juste et constant.

Ne manquez pas la semaine prochaine : tous les designers éliminés reviennent et ils sont tous déclarés grands gagnants! Yé!

Je crois avoir dit ce qu’il y avait à dire sur cette émission, et comme je ne veux pas passer le reste de mes récapitulatifs à enfoncer les designers qui ont accepté de se prêter au jeu, j’ai décidé que j’allais m’en tenir là. Je ne voudrais pas donner l’impression que je passe ma vie à écouter des émissions nulles ;)

Merci de m’avoir lue!

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Critiques et impressions : La Collection à TVA, épisode 3

Dans cet épisode de La Collection, le mandat des designers était de créer un vêtement pour une comédienne de taille forte. Ça m’a pris 3 épisodes pour piger le concept. Pas de mandats super originaux, que des artistes invités. Bon.

C’est dans une garderie que les designers se sont rendus pour le petit défi de la semaine, où on leur a demandé de fabriquer une robe de princesse en papier. Écouter Chantale Lacroix s’adresser à des enfants s’est révélé être une épreuve plus pénible encore que de l’écouter s’adresser à des adultes. Avec sa gestuelle exagérée… pitié… je me sentais devant un épisode cauchemardesque d’Enfant Forme (ils étaient tous cauchemardesques, mais disons un des pires). L’équipe de Geneviève, Marilyn et Catherine a remporté l’épreuve haut la main, avec une jolie robe blanche et rose bonbon.

Franchement, ces défis hebdomadaires sont totalement superflus. Les tâches sont peu intéressantes, et avec le temps et les ressources à leur disposition pour les réaliser, pas étonnant que les résultats le soient tout autant. Les gagnantes ont eu droit à 45 secondes d’avance sur l’autre équipe pour choisir leurs tissus, mais elles ont tellement hésité que les membres de l’autre équipe n’ont pas eu de mal à obtenir les tissus qu’ils voulaient.

Les designers se sont ensuite mis à la tâche, et il n’a pas fallu beaucoup de temps pour que les frustrations jaillissent et que la grogne se fasse entendre. C’est que les designers n’étaient pas contents de travailler avec des “grosses” (tellements pas content que les euphémismes ont fini par prendre le bord). Écoute, des mannequins taille forte en plus des restrictions de temps… “C’est injuste! Snif snif! C’est vraiment trop injuste”, s’est exclamé Caliméro (oups!) se sont exclamés Guillaume et Marilyn, dans un vidéo adressé à la production. C’était tellement triste, jusqu’au chef de pompier qui pleurait dans son casque (OK, celle-là est vieille, j’ai habité avec mon grand-père toute ma jeunesse). J’admets qu’on aurait dû leur fournir les mesures des mannequins dès le début, mais il faut savoir travailler avec ce qu’on a…

Et c’était possible, puisqu’à l’essayage du lendemain, le vêtement de Patrice fittait son mannequin à merveille, alors que plusieurs autres ont dû découdre ce qu’ils avaient fait. En passant, lors de la confection, j’ai vu des designers utiliser des patrons. Ça m’a surpris, puisque c’est totalement interdit dans Project Runway. Il me semble qu’un des défis est de se débrouiller sans patron… Ce ne sont pas des couturières, mais bien des designers… Enfin…

Lorsque le décompte est arrivé à zéro, seul Patrice avait terminé son vêtement. On a alors accordé aux designers 2 heures de plus dans l’atelier le lendemain. Bien d’accord pour que les mannequins ne défilent pas toutes nues, mais les designers n’ayant pas respecté la limite de temps auraient dû être perdants par défaut. Un deadline, c’est un deadline. Ça me faisait tellement chi** à l’école lorsque les profs donnaient des extensions alors que moi, petite dinde, j’avais travaillé comme une folle pour répondre aux exigences… Grrr.

Le défilé

(Beaucoup de mots pour en venir à l’essentiel, hein?)

J’ai trouvé le défilé de cette semaine plus intéressant : les formes, les coupes, les couleurs différaient d’un designer à l’autre… ça faisait du bien. Et ça avait beau être un épisode consacré aux “rondes”, les mannequins étaient loin d’être les femmes ordinaires qu’on a vu défiler à Project Runway lors d’un épisode semblable. Les designers ont eu droit à de vraies mannequins tailles fortes, jeunes et jolies et avec d’assez belles proportions…

La Collection ep. 3 - Catherine

On peut dire que Catherine a peut-être forcé la dose avec ses couleurs et que le résultat n’est pas le plus flatteur qu’on ait vu cette semaine, mais j’ai tout de même trouvé sa création rafraîchissante. Pas de camouflage, pas de compromis.

La Collection ep. 3 - Geneviève

Le travail avec les diagonales était une bonne idée, mais la réalisation a souffert du manque d’expérience et d’organisation du temps de Geneviève. Même si elle n’était pas parfaitement ajustée, ça reste tout de même un des meilleurs vêtements de la soirée.

La Collection ep. 3 - Guillaume

Guillaume n’a pas dû se mettre dans la peau de sa cliente très longtemps pour penser qu’elle aurait envie de porter des leggings. Je suis sûre que les filles de tailles fortes sont heureuses de laisser ça aux maigres! Et quelle idée innovatrice que d’ajouter une longue veste pour couvrir “tout ce qu’on ne veut pas voir”, hein! Encore plus novateur : ajouter un paquet de tissus pour que les gens confondent le volume de la femme avec le volume du vêtement.

La Collection ep. 3 - Marilyn

Ce n’est pas parce qu’une idée est audacieuse qu’elle est bonne… À ce que je sache, les filles très minces ne se bousculent pas pour porter des jumpers lorsqu’on annonce (à tous les 3 ans) leur retour en force. Un des avantages à être de taille forte c’est de ne pas avoir à s’en faire avec des modes aussi ridicules (dans la même catégorie : le pantalon MC Hammer). Le top qui découvre les épaules est joli : c’est un bon moyen de montrer de la peau en cachant le gras du bras qui en gêne plus d’une. Pour le reste, merci, mais non merci.

La Collection ep. 3 - Mélissa

On dirait une vieille femme riche qui s’en va à une course hippique pour parader avec les autres femmes riches, pendant que leurs maris fument le cigare et parlent chevaux. Ou encore la veuve qui se tient au country club pour se dénicher un 2e mari. Ou encore, une mauvaise copie d’un ensemble de la Première dame en vente chez Target. Je pourrais continuer comme ça longtemps à propos de l’ensemble de Mélissa…

La Collection ep. 3 - Natasha

J’admire le choix de couleur qui fait un peu vintage chic. Mais c’est tout ce que j’ai de bien à dire à propos de la création de Natasha. On dirait quelqu’un qui a essayé de suivre les conseils de Clinton et Stacy, mais qui a tout compris de travers. Désolée.

La Collection ep. 3 - Patrice

Le mannequin de Patrice avait peut-être l’air “ronde” à côté des grandes slaques du banquier, mais elle était à peine enrobée comparée aux autres filles sur la passerelle (je ne suis pas sûre qu’on puisse attribuer la différence uniquement aux vertus amincissantes de la coupe de son trench). Est-ce que ça explique la facilité avec laquelle il a effectué le mandat de cette semaine? Comme le trench faisait presque aussi bien à l’invitée de la semaine (dont le nom m’échappe) et que son design était le plus original et le mieux réalisé, j’ai l’impression que le mannequin n’a pas grand chose à voir dans sa victoire.

Patrice est donc le gagnant de la semaine. Pour connaître le designer “remercié”, il faudra attendre l’épisode 4 (qui a été diffusé la semaine dernière… je crois réussir à rattraper mon retard cette semaine… ouf!).

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Critiques et impressions : La Collection, épisode 2

Arf… Je dois avouer tout de suite que j’ai détesté la première partie de l’émission : le défi bricolage pour habiller des chiens (définitivement un des pires moments de télévision que je me sois tapée dernièrement… j’ai cherché des photos pour vous montrer à quelle point c’était pathétique de voir les designers fabriquer des lunettes en cure-pipe et coller des perles et des pompoms sur des petites capes en lamée… come on!); le chic hôtel Delta (pas exactement un haut-lieu du design…); le souper avec Chantal Lacroix (Heidi Klum ne s’impose pas autant!); le gnangnan avec la blonde de Patrice et l’orientation sexuelle de Guillaume; les commentaires toujours aussi insipides de tout le monde; le mandat; l’artiste invitée; les tissus imposés pour le mandat; le fait que le vêtement doit être vendable à La Baie… Ouf! Je me suis même demandé si je voulais vraiment faire un billet pour chaque épisode d’une émission aussi cucul.

Je n’ai pas de double standard pour le Québec : je m’attends à ce qu’on produise la même qualité qu’ailleurs… Bien sûr, je ne m’attends pas à voir débarquer Sarah Jessica Parker, mais la culture québécoise ne tourne pas autour de Marie-Chantal Toupin et Chantal Lacroix, tout comme l’industrie de la mode ne s’arrête pas à Marie St-Pierre (point positif : je suis contente qu’on ce soit évité Jean Airoldi pour le moment… touchons du bois!).

Puis, le défilé a commencé. Ce n’est pas que j’aie été époustouflée par les créations (au contraire, c’était encore plus plate que la semaine dernière), mais qui peut rester insensible à tant de travail? Moi, la créativité (même si on peut discuter du niveau de créativité présent), ça m’anime. Je vais donc me concentrer sur la seule chose valable de cette émission : les défilés. Off le niaisage, On with what really matters : clothing!

Le mandat de cette semaine : créer pour Marie-Chantal Toupin un vêtement pour sortir dans les clubs. Encore une fois, les designers sont divisés en deux équipes, et l’équipe du gagnant sera sauvée (je trouve cette pratique idiote, ça n’aide pas à élaguer le pool de talent). Le même choix de tissus était imposé à tous les designers (plusieurs tissus noirs, un seul tissu imprimé et coloré), ce qui a donné un défilé sans surprise et sans saveur. Pas de quoi écrire à notre mère… ou aux lecteurs de notre blog.

Mon vêtement préféré de la semaine est celui de Patrice. À mon avis, c’est celui qui faisait le moins “5 à 7″, le seul dans lequel je clubberais (si j’avais les jambes de son mannequin et que je clubbais…) et le seul qui avait un certain esprit rock. Pour l’originalité, toutefois, on repassera. À peu près toutes les créations auraient pu se retrouver aisément dans un catalogue Victoria’s Secret.

La création de Patrice

J’ai trouvé la robe de Guillaume sans rapport avec le mandat, et totalement May Day, une des James Bond Girls les plus bad ass, mais aussi la plus mal habillée (les juges ont d’ailleurs tout de suite dit “Grace Jones!”).

La robe de Guillaume versus May Day

J’ai trouvé les juges un peu plus réalistes et pertinents cette semaine, mais ils devraient s’engager des scripteurs pour leur écrire des commentaires amusants. Je crois qu’une partie de ce qu’ils reprochent aux designers aurait pu être évitée s’ils avaient eu la visite d’un mentor comme Tim Gunn. En création, on a besoin de recul et, dans un si court laps de temps, parfois seule une autre personne peut avoir l’objectivité pour nous mettre sur la bonne piste. Aussi, je trouve totalement ridicule qu’on demande une finition intérieur soignée aux designers. En 10 h, ils devraient pouvoir se concentrer sur le DESIGN et le look final sur la passerelle. Ça leur permettrait peut-être enfin de nous montrer quelque chose d’intéressant… C’est un show de télévision, après tout!

La robe de Geneviève, perdante de la semaine

C’est finalement Geneviève qui a remporté le mandat cette semaine. Sa robe sera produite à grande échelle, et distribuée dans les magasins La Baie un peu partout au Québec. Elle est bien mignonne Geneviève, elle me fait penser à Kristen Dunst et elle a sautillé en réalisant que sa robe avait gagnée. Mais comme dans tous les défis qui promettent une commercialisation du vêtement gagnant, c’est rarement le meilleur qui gagne. Sa robe s’est juste avérée la plus facile à réaliser et la plus susceptible de plaire (et de bien faire) au plus grand nombre. Ce qui n’est quand même pas rien, finalement. Juste peut-être pas ce qu’on veut voir sur un SHOW DE TÉLÉVISION!

La robe de Julie, perdante de la semaine

Les juges ont choisi d’éliminer Julie, et j’étais d’accord avec leur choix. Ça robe n’était pas particulièrement bien coupée, en plus d’être bien trop sévère pour le mandat. Il y avait de la recherche dans les détails des bretelles et le bas de la jupe, mais l’effet n’était pas particulièrement bien réussi à mon avis.

Ah! Ça donne le goût de déménager dans un autre pays, tout ça.

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Critiques et impressions : La Collection à TVA, épisode 1

Je suis un peu en retard, mais j’ai décidé de faire un billet d’opinion pour chaque épisode de la nouvelle émission La Collection, présentée à TVA. La Collection reprend le concept de l’émission américaine Project Runway, diffusée sur Bravo. Je suis fan de Project Runway depuis des années, vous m’excuserez donc ma tendance à comparer les 2 émissions. Si vous les avez ratés, vous pouvez commander les épisodes de La Collection gratuitement grâce à Illico sur demande. Profitez-en pour prendre un petit cocktail et relaxer pendant que les designers courent comme des malades à l’écran… Vous verrez, c’est très thérapeutique :)

La suite de ce billet révèle des punch

Premières impressions en vrac

La musique d’intro est digne d’une émission de fin d’après-midi (quel était le titre de l’émission de Lise Watier, déjà?). Le titre est peu évocateur et manque de “glitz”. On dirait qu’on vise un public cible de matante… et comme c’est à TVA, c’est probablement le cas. Le choix de l’animatrice confirme mon hypothèse : Chantal Lacroix est bien jolie et sûrement très sympathique, mais quel est le rapport avec la mode? L’émission avait besoin de quelqu’un de plus jeune (et je ne parle pas d’âge, ici), plus branché, plus glamour… quelqu’un qui incarne l’esprit de la mode. Pas Mme Tout-le-monde-il-est-fin-tout-le-monde-il-est-gentil.

J’admets avoir été impressionnée par le prix de 100 000 $. Je ne sais pas quelles sont les conditions attachées à ce “100 000 $ pour créer une collection exclusive à La Baie”, mais 100 000$, dans une émission québécoise, c’est très respectable. J’ai également été agréablement surprise par la sélection de candidats. Une amie, Patricia Jodoin des Créations Encore, avait été invitée à participer, mais avait refusée, sceptique à propos de la qualité des candidats et du traitement qu’on en ferait. Lorsque la recherchiste termine son “pitch” de vente en disant “Si t’es bitch dans la vie, on veut que tu sois bitch à la télé!”, ça donne l’impression qu’on cherche des personnages plus que des talents… Mais les 10 candidats qu’on nous a (très brièvement) présentés avaient l’air humains et talentueux (évidemment, beaucoup des extraits de portfolios présentés faisaient “travaux d’école”, mais c’était du bon travail).

Le premier mandat

Pour ce premier épisode, on a demandé aux designers de créer une robe de gala que Chantal Lacroix porterait au Gala Artis. Une robe faite avec des couches de bébés? Non. Avec le contenu d’un panier d’épicerie? Non plus. Vous ne me croirez pas, mais pour ce défi, les participants pouvaient utiliser du TISSU! Je comprends que Chantal Lacroix n’avait pas envie de se ramasser sur le tapis rouge dans une confection en pneus de bicyclette, mais j’espère que les prochains défis seront plus originaux! Ce qui est amusant, c’est de voir les designers sortir de leur zone de confort :D

Les designers (ou devrais-je dire, les disaillegneux… comme on le dit si bien à cette émission) sont divisés en deux équipes, mais chacun sera jugé individuellement, et on annonce que 2 designers seront éliminés cette semaine. L’équipe du designer de la robe gagnante sera immunisée, et c’est un défi d’équipe qui déterminera quelle équipe choisira ses tissus en premier.

Mini défi

Ce défi était un peu plus intéressant : les équipes de designers devaient habiller un mannequin vivant en ne magasinant que dans une… quincaillerie! (On ne pétera pas des records d’originalité, mais quand même…) Les deux équipes ont choisie de faire des robes (prévisible, mais compréhensible) :

  • une création nommée Azure (hum hum), en bâche bleue (le genre dont on se sert en camping), avec un bas de jupe de type sirène année 80, des fioritures blanches sur la poitrine, une grosse ceinture blanche et un chapeau totalement ridicule.
  • une deuxième nommée Chicken Queen parce qu’elle est faite en broche à… poule (et autres grillages métalliques). L’équipe a utilisé du ruban à peinture jaune (enfin, je crois que c’était ça) pour créer un motif sur la jupe.

Je ne sais pas si c’est à cause de l’utilisation du gris et du jaune, mais j’ai préféré la robe de la 2e équipe. La forme me semblait plus intéressante, et le chapeau légèrement moins ridicule (mais un conseil aux deux équipes : laissez faire les accessoires, concentrez-vous sur les vêtements). Toutefois, c’était les employés du magasin (non, je ne le nommerai pas! pas de placement de produit chez moi!) qui votaient, et ils ont choisi Azure… Évidemment que si on fait voter n’importe qui, c’est toujours les créations les plus moches qui vont gagner… Mais pour la défense des employés du magasin, sous la robe en grillage de la 2e équipe, on pouvait voir le t-shirt et les jeans que le mannequin portait en dessous. Il fallait peut-être un peu beaucoup d’imagination pour en faire abstraction.

Confection de la robe de gala

A suivi l’étape du choix des tissus, dans un festival de commentaires insignifiants (”c’est super!”, “c’est vraiment quelque chose!”, “Vraiment capotant!”) et de clichés (”on était comme des enfants dans un magasin de bonbons”). Je ne crois pas que c’est à La Collection qu’on va entendre des perles telles qu’en sortaient Jay McCarroll, Santino, et d’autres participants flamboyants de Project Runway… *Soupirs* Moi aussi, je suis de la génération du Club des 100 watts, mais ce n’est pas une raison pour ne pas en sortir une bonne de temps en temps.

Les designers ont ensuite débuté la confection, et on a pu se faire une meilleure idée de la personnalité de chacun. Certains sont rapidement tombés dans la spirale de la pensée négative, de la défensive et des idées d’abandon… Patrice, quant à lui, s’est vite fait étiqueté d’antisocial, à cause de son silence et de son refus de luncher avec les autres. Quant à moi, je lui donne l’étoile de la soirée pour avoir osé dire que les conversations des autres designers n’étaient pas toujours pertinentes… “Tellement vrai!”, pour parler comme les participants. Près du décompte final, Mélissa s’est blessée avec sa machine à coudre. C’est Patrice qui l’a aidé à terminer sa robe. Je crois qu’il s’est racheté dans le coeur des autres designers…

J’ai été déçue de voir qu’il n’y aurait pas d’équivalent de Tim Gunn à La Collection : quelqu’un qui a du métier, pour guider les participants et remettre en question certains de leurs choix. À la place, on a eu droit à la visite du directeur des marques chez La Baie, qui est venu leur dire ce qu’ils recherchaient chez le gagnant… Ah! Ils ont une idée bien précise de l’image de la collection qu’ils ont envie de mettre en marché, et ça influencera forcément le choix du gagnant. Project Runway n’a jamais eu peur de faire gagner des designers moins mainstream, comme Jay McCarroll et Jeffrey Sebelia… est-ce possible dans une émission commanditée par La Baie? Je ne crois pas que c’est avec la cuvée de cette année qu’on le saura…

Le défilé

Fast-foward sur quelques bouts : Bla bla bla… Habillage des mannequins (super plogue pour une autre émission de TVA)… Bla bla bla… Maquillage et coiffure pour lesquels les designers ne semblaient pas avoir leur mot à dire… Bla bla bla… Un petit pep talk de Chantal Lacroix qui s’adressait plus à des enfants dans une colonie de vacances…

Et, enfin, le défilé, commenté tout au long par les juges. Je dois dire que j’ai toujours rêvé d’entendre ce que Micheal Kors, Nina Garcia et Heidi Klum se disaient pendant les défilés. Les juges de la version québécoise? Pas tellement. Dick Walsh essayait d’être snarky, mais n’était pas drôle (en gros, les robes étaient soit moches, soit pas trop moches). Marie St-Pierre ne pouvait s’empêcher de dire ce qu’ELLE elle aurait fait. Quant à Isabelle Racicot, elle magasinait pour elle ;) Pas de commentaires illuminés, illuminants, ou simplement amusants.

Quant à moi, la robe que j’ai préférée est celle de Marilyn. J’ai trouvé la coupe actuelle, les couleurs à croquer, et que le détail sur l’épaule ajoutait quelque chose à la robe plutôt qu’être de trop. Est-ce que je voyais Chantal Lacroix la porter lors d’un gala? Pas vraiment… Selon moi, la robe de Patrice était celle qui répondait le mieux au mandat. Elle manquait peut-être un peu d’audace, mais la confection avait l’air sublime, la coupe était flatteuse, la couleur était riche, tout à fait appropriée à un tapis rouge et parfaite pour complimenter les cheveux et le teint de la cliente.

La robe de Marilyn et celle de Patrice

Parmi les robes que j’ai moins aimées, on retrouve :

La robe de Natasha et celle de Geneviève

…la robe de Natasha (couleurs moches, pas fan des jabots, mauvaise longueur pour ce type d’évènement) et celle de Geneviève (je crois que Geneviève n’a pas compris le mandat de la semaine… les mots clé étaient “Chantal Lacroix” et “Gala”, pas “Eurotrash” et “professionnelle”)…

La robe de Mélissa et celle d'Arielle

…celle de Mélissa (Ishhh… C’était pourtant une robe que j’avais hâte de voir : la couleur est magnifique, et c’est le genre de coupe qui me plaît. Une robe qui pendouille tenue par des cordes? J’ai tout de suite pensé à la petite sirène.)…

La robe d'Éric et celle de Guillaume

… la robe d’Éric (un halter top, c’est pour moi synonyme de paresse… attaché par une corde noire en plus?! Et puis même si j’adore les verts chartreuse et autres trucs radioactifs, cette couleur ne fonctionnait pas) et celle de Guillaume (cette robe, c’est comme un voyage : les couleurs font “Acapulco Sunset”, et le carré de tissu? Hello Bollywood!).

Le gagnant de la semaine? Guillaume! Il me semble que la robe n’allait pas du tout à Chantal Lacroix…

Toujours est-il que l’équipe du gagnant a évité l’élimination et a pu sauver quelqu’un dans l’équipe perdante. La délibération s’est faite dans le calme plat, alors que tout ce que nos très volubiles designers ont trouvé à dire sur les robes de leurs pairs est qu’elles étaient “belles” ou alors “classiques”. Ils ont finalement choisi la robe de Natasha (la soeur d’une des designers de l’équipe gagnante, quelle coïncidence!).

Les designers en danger ont ensuite pu défendre leur création, et c’était assez pénible à entendre. Les vêtements devraient parler pour eux-mêmes.

Les designers “remerciés” (quel euphémisme plate!) : Kristel et…QUOI?! La suite la semaine prochaine?! Une gimmick minable de la part de TVA… Comme j’ai écouté l’émission en reprise, je peux vous dire tout de suite que le 2e designer “remercié” est Éric. Je suis assez d’accord avec le verdict, même si je crois que certains designers ont été sauvés par la victoire de Guillaume. J’espère qu’ils ne feront pas d’équipes trop souvent!

Rendez-vous un peu plus tard pour le 2e épisode ;)

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